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L'Afrique brille à Hollywood

L'Afrique brille à Hollywood - ART-AFRIC  GE.

Si le cinéma africain peine encore à se développer, les acteurs du continent noir n'ont aucun mal à se lancer à l'international.
Le rêve américain n'a pas de frontières. Qu'ils soient africains ou issus de la diaspora, nombre d'acteurs sont parvenus à se faire une place à Hollywood. Par ambition ou par manque d'opportunités dans leur pays, ils ont décidé de se lancer aux Etats-Unis.
Si, pour les Africains anglophones, le passage à Hollywood paraît logique, pour les Africains francophones, le départ pour les Etats-Unis permet avant tout d’accéder à des personnages plus riches. Portraits de six acteurs qui ont percé dans la capitale mondiale du cinéma.

David Oleyowo
Né à Oxford (Angleterre) en 1976, David Oyelowo est originaire du
Nigeria. C'est au théâtre que le Britannique fait ses armes. L’acteur devient même le premier noir à interpréter le rôle titre dans Henri VI, une pièce de William Shakespeare.
En 2006, il apparaît dans
Le dernier roi d’Ecosse aux côtés de Forest Whitaker, qui incarne le dictateur ougandais fou Idi Amin Dada, mort en 2003.
A l’affiche du blockbuster La Planète des singes: les origines, qui a fait le plein tout l’été, Oleyowo a d’autres projets à Hollywood. En janvier 2012, il devrait créer l’événement dans
Red Tails, la dernière production de l’Américain George Lucas (réalisateur de Star Wars) sur les traces des Tuskegee Airmen, une unité de pilotes de chasse Africains-Américains qui s’est illustrée lors de la Seconde Guerre mondiale.
Chiwetel Ejiofor
Né le 10 juillet 1977 à Londres, Chiwetel Ejiofor est lui aussi d’origine nigériane. Et à l'instar de son compatriote Oleyowo, le comédien débute au théâtre en jouant des classiques tels Othello, de Shakespeare. Alors qu’il brille sur les planches, l’Anglais décide d’ajouter une corde à son arc en se
lançant dans le cinéma. Sous la direction de Steven Spielberg, l'acteur fait ses premiers pas à Hollywood avec Amistad, en 1997, film inspiré de l'histoire vraie d'esclaves africains qui décident,
au XIXe siècle, de se retourner contre leurs maîtres.
Depuis, Ejiofor a eu l’occasion de travailler avec des réalisateurs comme Spike Lee ou encore John Singleton. En 2007, il collabore avec le metteur en scène britannique
Ridley Scott sur le film American Gangster. Deux ans plus tard, il sauve le monde dans 2012, un film de Roland Emmerich. L’année prochaine, on le retrouvera aux côtés de l’acteur américain Jim Caviezel dans Savannah, un drame d’Annette Haywood-Carter sur l'amitié entre un aristocrate blanc et un esclave affranchi dans le sud des Etats-Unis, au début du XXe siècle.
Charlize Theron
En quelques années, elle a mis Hollywood à ses pieds. Avant d’arpenter les tapis rouges,
Charlize Theron débute une carrière dans le mannequinat à l’âge de 16 ans et quitte l’Afrique du Sud. Rapidement, elle délaisse ce métier qui ne l’intéresse plus  pour se lancer dans la danse. Mais une blessure au genou l’oblige, une fois de plus, à se réorienter.
La belle blonde se tourne alors vers le cinéma. En 1997, Charlize Theron commence à se faire remarquer. Dans
L’associé du diable, elle donne la réplique à Al Pacino et Keanu Reeves. La carrière de l’actrice prend un nouveau tournant. L’ancien top côtoie les acteurs qui comptent, de Robert De Niro à Will Smith, en passant par Matt Damon.
Mais c’est en 2004 que l’actrice entre au panthéon du cinéma. En 2003, elle incarne dans
Monster Aileen Wuornos, une tueuse en série qui sévit aux Etats-Unis entre 1989 et 1990. Le 29 février 2004, Charlize Theron décroche l’Oscar de la Meilleure actrice pour ce rôle et entre dans l’histoire en devenant la première actrice africaine à soulever la fameuse statuette. Pour interpréter Wuornos, la star n’a pas hésité à s’enlaidir et à prendre 15 kilos.
En
Afrique du Sud, Charlize Theron est hissée au rang d’icône nationale. Elle rencontre même Nelson Mandela, qui tient à saluer sa contribution au rayonnement du pays. Après son Oscar, l’actrice de 36 ans mène sa carrière avec brio. L’année prochaine, elle sera à l’affiche du très attendu Prometheus de Ridley Scott, dans la lignée de la saga Alien.

Saïd Taghmaoui
Saïd Taghmaoui (2009) REUTERS/Jean Blondin
Cantonné aux mêmes rôles cliché dans le cinéma français, Saïd Taghmaoui décide de s’exiler dès la fin des années 90. L’année dernière, il déclarait dans l’Express:
«On ne me proposait que des caricatures d'Arabes et les seuls projets intéressants dans lesquels j'étais impliqué se sont faits sans moi. J'ai compris que l'égalité des chances n'existait pas en France quand on est basané et étranger.»
Pourtant, tout avait bien commencé en France pour ce Marocain d'origine. C'est dans La Haine, un film de Mathieu Kassovitz, que l'acteur se révèle. Taghmaoui partage l’affiche avec Vincent Cassel et Hubert Koundé (un autre acteur de la diaspora que l’on retrouvera en 2005 aux côtés de Ralph Fiennes et Rachel Weisz dans The Constant Gardener de Fernando Meirelles).
Le film connaît un grand succès. Récompensé par un Prix de la mise en scène à Cannes et nommé à plusieurs reprises lors des César, il permet à Saïd Taghmaoui et ses deux compères de figurer dans la catégorie du Meilleur espoir masculin.
Après le succès de La Haine, le français jouit d’un nouveau statut. Mais les rôles qu’on lui propose en France ne sont pas toujours intéressants. Déterminé à réussir, il décide de se lancer à l’international. Ainsi, en 1998, il donne la réplique à George Clooney, Mark Wahlberg et Ice Cube dans Les rois du désert. Tout au long de sa carrière, le comédien de 38 ans alterne projets hollywoodiens et films français, passant du Petit Poucet à G.I. Joe.
Djimon Hounsou
A 47 ans, Djimon Hounsou vit une véritable success story. Né à Cotonou, il quitte son Bénin natal dès l’âge de 13 ans pour Paris. Les débuts sont durs pour le jeune qui, sans ressources, doit vivre dans la rue. Tout bascule lorsque le SDF est repéré dans la rue par un employé de la maison Thierry Mugler (un styliste). Hounsou débute une carrière de mannequin qui lui permet de voyager à travers le monde. Dans les années 90, le Béninois se reconvertit dans le cinéma. En 1994, on peut l’apercevoir dans Stargate, film de science-fiction de Roland Emmerich. Trois ans plus tard, Spielberg lui offre le rôle de l’esclave Cinque dans Amistad, l’occasion pour lui de travailler avec Ejiofor. En 2000, Ridley Scott le dirige dans Gladiator, il y donne la réplique à Russell Crowe. La carrière de l’ancien mannequin est lancée. Les tournages s’enchaînent pour lui. En 2006, l’acteur retourne en Afrique pour un film d’Edward Zwick avec Leonardo DiCaprio. Blood Diamond lui permet d’obtenir une nomination aux Oscars, la deuxième après In America, de Jim Sheridan. Neuf ans après Le Boulet, Djimon Hounsou fera son retour dans le cinéma français le 2 novembre avec Forces Spéciales.
Isaach de Bankolé  
Né le 12 août 1957 à Abidjan (Côte d’Ivoire), Isaach de Bankolé a tourné son premier film américain en 1991. Avant cela, il s’était rendu populaire en France grâce à des comédies grand public.
Le comédien débarque à Paris en 1975 pour étudier les mathématiques. Mais rapidement, l’étudiant attrape le virus du théâtre et entre au Cours Simon. Après quelques petits rôles, il accède à la notoriété en 1980 grâce à son rôle de Lemmy dans
Black Mic-Mac. Sa performance dans le film lui vaut le César du Meilleur espoir masculin. En 1988, la réalisatrice Claire Denis lui confie un rôle dans Chocolat, qui marque le début d’une longue collaboration. Grâce à elle, Isaach de Bankolé rencontre le célèbre réalisateur américain Jim Jarmusch. C’est donc en 1991 qu’il entame sa carrière américaine avec Night on Earth. Les deux artistes retravailleront ensemble, notamment dans Ghost Dog. A l’image de son parcours français, l’acteur enchaîne grosses productions et films plus intimistes. Quand il ne tourne pas avec le réalisateur danois Lars Von Trier (Manderlay, 2005), c’est devant la caméra de Martin Campbell que l’Ivoirien exerce ses talents d’acteur (Casino Royale, 2006). Récemment, le comédien a retrouvé ses réalisateurs fétiches dans The Limits of Control de Jim Jarmusch et White Material, mis en scène par Claire Denis.
Jacques-Alexandre Essosso

Nelson Mandela meets Charlize Theron

Egypte : le maître de l’archéologie détrôné

Egypte : le maître de l’archéologie détrôné - ART-AFRIC  GE.

Zahi Hawass, qui régnait en maître sur l’archéologie de son pays depuis 2002, vient de perdre son poste de ministre des Antiquités, faisant les frais de la révolution égyptienne.
Après neuf ans passés à la tête du Conseil Suprême des Antiquités et alors qu’il venait d’être nommé ministre égyptien des Antiquités, Zahi Hawass a été démis de ses fonctions, apprend-on par Sciences et Avenir. En cause ? Sa trop grande proximité avec le président sortant, Hosni Moubarak. Vendredi dernier, l’archéologue prévenait que les troubles politiques qui secouent le pays laissaient les sites archéologiques du pays à la merci des criminels, et annonçait sa décision de quitter son poste... Il n’a visiblement pas eu le temps de le faire.
Un nouveau secrétaire général pour le Conseil Suprême des Antiquités devrait être nommé sous peu.

Retour d’une partie des objets volés au musée du Caire.
Le mois dernier, profitant des émeutes qui ont secoué l’Egypte, des voleurs s’étaient introduits dans le musée du Caire et y avaient dérobé plusieurs objets précieux. Le ministère des Antiquités vient d’annoncer qu’une partie des objets venait d’être retrouvée. Les pièces qui ont été volées au musée du Caire étaient plusieurs objets précieux dont une statue de Toutankhamon et une amulette en forme de scarabée. Le ministre d’Etat aux antiquités, Zahi Hawass, annonce dans un communiqué que certains d’entre eux avaient été retrouvés. A l’extérieur du musée, un morceau de sarcophage datant de 3.000 ans a été découvert. "Nous avons retrouvé à l'extérieur du musée deux des huit pièces manquantes, entre un bâtiment public incendié et la boutique de souvenirs. Nous poursuivons les recherches et nous trouverons davantage", a indiqué le ministre aux journalistes de Reuters.
Reste à retrouver une statue de Néfertiti, une statuette représentant un scribe et une statue en bois couverte d’or de Toutankhamon. Par ailleurs, le ministre a indiqué que des voleurs avaient également pillé un entrepôt situé à proximité des pyramides de Dachour, 35 kilomètres plus au sud.

 

«Nous n'irons pas au Jardin d'Acclimatation»

«Nous n'irons pas au Jardin d'Acclimatation» - ART-AFRIC  GE.

Tribune I Par Nicolas Bancel, historien, professeur à l’Université de Lausanne, porte-parole du collectif "Nous n'irons pas..."


 Alors que le zouk a été à l'honneur au Zénith dans le cadre des Nuits tropicales et que l'exposition Aimé Césaire, Lam, Picasso a été inaugurée au Grand Palais, une polémique éclate sur une des manifestations majeures programmées dans le cadre de l'Année des Outre-mer.

 De fait, les organisateurs et le ministère de l’Outre-mer (rattaché au ministère de l'Intérieur, de l'Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration) ont prévu de regrouper à partir du mois d'avril au Jardin d'Acclimatation les différentes populations des outre-mer (dans le cadre d' « Un jardin en Outre-mer »), dans ce lieu de mémoire et d'histoire, qui de 1877 (avec des Nubiens) jusqu’en 1931 (avec les « Kanaks cannibales ») fut un des lieux majeurs d'exhibitions de « sauvages » avec notamment celle des Amérindiens de Guyane (Ka'lina) en 1892 qui se termina par la mort sur place de plusieurs « exhibés ». Ces exhibitions ethniques, organisées par des impresarios privés, que l'on désigne habituellement sous le nom de zoos humains, ont été organisées régulièrement au Jardin d'Acclimatation, puisque trente-quatre troupes de « sauvages », et même des « nains », ont été exhibées devant des millions de visiteurs pendant plus d'un demi-siècle. La dernière « troupe » a été présentée en 1931 (à l'initiative de la Fédération française des anciens coloniaux): il s'agissait de « Kanaks cannibales » notamment des membres de la famille de Christian Karembeu, récit douloureux évoqué dans son livre Kanak (La Martinière, 2011). Ironie de l’histoire, les « manifestations » prévues en 2011 dans le Jardin « zoologique » d'Acclimatation se termineront au début du mois de mai, date commémorative (80e anniversaire) de l'immense exposition coloniale de Vincennes.

 Des élus de Guyane se sont déclarés offensés de cette programmation et du choix de ce lieu symbolique à la suite de l'émotion de nombreux Amérindiens (Ka'lina). De nombreuses personnalités et chercheurs se sont également indignés et ne comprennent pas la décision des organisateurs, qui devraient très bien connaître cette histoire, décrite notamment dans l'ouvrage collectif Zoos humains. Aux temps des exhibitions humaines (La Découverte, 2004). En outre, aucun des chercheurs travaillant sur la question n'a été à ce jour contacté pour apporter conseil et expertise quant à l'opportunité d'un tel choix ou, au minimum, sur l'organisation d'un programme pédagogique devant expliquer l'histoire de ce lieu.

La réaction de la ministre des Outre-mer, Marie-Luce Penchard, qui répond à Christiane Taubira, affirme que cette « Année des Outre-mer ne doit pas être l'occasion que chacun puisse interpréter l'histoire » et assimilant ces critiques à une « opération de destruction », est sidérante.

La Ministre ne voit dans ces critiques que menées « électoralistes » et ne semble pas prendre la mesure, selon les membres du Collectif « Nous n'irons pas… », des enjeux historiographiques et mémoriels d’une telle installation dans le Jardin d’Acclimatation. Daniel Maximin, écrivain et commissaire de l'Année des Outre-mer, dans un communiqué publié le vendredi 4 mars 2011 sur Tahiti Info rappelle que cette initiative est venue d'une « proposition des responsables du Jardin d'Acclimatation » et que « l'idée leur avait été soufflée par les salariés ultramarins du Jardin ». Argumentaire repris par le directeur du Jardin d'Acclimatation dans l'émission Toutes les France sur France Ô, Marc-Antoine Jamet, qui est en outre le secrétaire général de LVMH dont la fondation sur l'art contemporain doit être installée prochainement sur le site. On reste hautement dubitatif devant le processus qui aurait conduit à cette programmation et le manque d'anticipation des responsables du Jardin d'Acclimatation autour de la manifestation. On apprend également que cette manifestation vise en priorité les familles et les enfants, et qu'à leur intention aucune action pédagogique n'est envisagée par les organisateurs, ni par le Jardin d’Acclimatation, ni par le partenaire majeur de la manifestation le groupe Bernard Hayot, (principal acteur économique aux Antilles dans le domaine de la grande distribution) qui par la voix de son responsable pour l’opération souhaite avec cette manifestation toucher « 350.000 à 400.000 personnes ». Tristes tropiques… L'inquiétant dans de telles prises de position, est que les programmateurs de cette Année des Outre-mer ne prennent conscience que maintenant de l'impact symbolique du lieu. Nous avons emprunté ces mots à Claude Lévi-Strauss et nous invitons les organisateurs à méditer un de ses textes : « Jamais mieux qu'au terme des quatre derniers siècles de son histoire l'homme occidental ne put-il comprendre qu'en s'arrogeant le droit de séparer radicalement l'humanité de l'animalité, en accordant à l'une tout ce qu'il retirait à l'autre, il ouvrait un cycle maudit, et que la même frontière, constamment reculée, servirait à écarter des hommes d'autres hommes… ».

En outre, et cela mérite d'être signalé ici, l'exposition en préparation depuis dix-huit mois pour le Musée du quai Branly (Exhibitions. L’invention du sauvage) porte explicitement sur ce thème et sur l'ensemble des pays concernés. Or, cette exposition est l'une des rares manifestations du musée qui ne soit pas soutenue par l'Année des Outre-mer, ce qui risque d'ajouter à la confusion. De même, pas de présentations spécifiques sur la mémoire du lieu ou sur son histoire pour accompagner les festivités (ni sur le site du ministère, ni dans le programme officiel, ni sur le site du Jardin d'Acclimatation où doit être prochainement installé le Musée d’art contemporain de la Fondation Vuiton, ni sur celui de la ville de Paris propriétaire du lieu). Rien… Le seul argumentaire de Daniel Maximin est d'affirmer que le « présent » permettra d'effacer ce « passé »... Cela ne nous semble guère pertinent, si suffisant, ni même respectueux du passé. Dans un tel contexte, il serait légitime et bienvenu de reconnaître, tout simplement, que l'on a pu se tromper (Daniel Maximin et le directeur du Jardin d'Acclimatation ont clairement tenté de démontrer le contraire le vendredi 11 mars sur France Ô) et il faudrait prendre toute la mesure de la puissance symbolique du lieu, démarche plus constructive que de lancer des anathèmes envers les voix qui s’élèvent. Nous voulons croire que cette position défensive est la conséquence de l’absence de connaissance de cette facette de notre histoire, alors que le gouvernement chilien vient de rapatrier les corps des Fuégiens exhibés à Paris et en Suisse pour leur donner une sépulture officielle sur une terre qu'ils avaient quittée il y a plus d'un siècle. Il est dangereux d'ignorer un tel passé. Il ne doit s'agir nullement de repentance, mais bien d'affirmer que la valorisation de la diversité culturelle issue des Outre-mer ne peut faire l'impasse sur les pages sombres et ambigües de notre histoire. Les Kanaks, les Nubiens, les Sénégalais, les Ceylanais, les Achantis, les « Négresses à plateaux » (en 1929), les Galibis (en 1882 et 1892), les Fuégiens, les Omahas, les Araucans, les Hottentots (dans la continuité de la Vénus Hottentote), les Dahoméens, les Cosaques, les Caraïbes (avant leur extinction aux Antilles), la caravane égyptienne et ses populations du Moyen-Orient, les Peaux-Rouges, les Lapons, les Guinéens, les Marocains, les Algériens et bien d’autres « exhibés » (femmes, hommes et enfants, à côté d’animaux), mesurés et étudiés par les savants, observés par les visiteurs derrière des barrières et des grillages, sont liées à une histoire complexe, souvent douloureuse. D'ailleurs, prenant la mesure de l'histoire, le président du conseil régional vient d'ailleurs de signer une motion, le lundi 14 mars, avec des chefs coutumiers Ka'lina, demandant un respect du passé et des « obligations de la France en matière des droits des peuples autochtones ». Celle-ci comporte plusieurs points, et notamment qu'un monument et une plaque commémorative soient apposés dans le Jardin cette année. Une telle décision, qui devrait être également engagée par les conseils régionaux de Guadeloupe et de Martinique au sujet des Caraïbes exhibés, comme de la Nouvelle-Calédonie au sujet des Kanaks de 1931, souligne la nécéssité d'une prise de conscience collective d'un tel passé.

Alors, oui, Madame la ministre, un minimum de vigilance s’impose. De toute évidence, si dans ce pays un musée de l’esclavage, de la colonisation ou des mondes ultramarins existait (comme le souhaitait dès 1993 le grand écrivain Édouard Glissant, qui vient de nous quitter), ce scandale eut pu être évité. Il ne reste que quelques jours pour déployer ce geste fort et mettre en place un véritable programme d'expositions et de conférences, programmer des débats télévisés et des films (plus de quinze documentaires existent), ouvrir les archives du Jardin aux chercheurs et proposer des actions pédagogiques pour les scolaires… autour de l'histoire du Jardin et des exhibitions ethniques. Sinon, il serait souhaitable de choisir un autre lieu dans la capitale pour le Jardin des outre-mer.

L'histoire doit être regardée en face : point de repentance ni de rancœur, juste la tâche de transmettre l’histoire dans sa complexité, afin de ne pas reconduire les points aveugles qui minent notre « vivre ensemble ». En 1998, Wole Soyinka, Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau signaient une déclaration où ils affirmaient : « Aucun lieu au monde ne peut s’accommoder du moindre oubli d’un crime, de la moindre ombre portée. » Madame la ministre, Monsieur le commissaire, vous pouvez prendre toute la mesure de la situation et profiter de cette Année des Outre-mer pour les entendre, il est temps, en cette année qui va rendre l'hommage de toute la nation à Aimé Césaire. Lui qui écrivait ces lignes, qui dans cette triste polémique trouvent toute leur actualité et méritent d'être méditées : « Le colonisateur, qui, pour se donner bonne conscience, s'habitue à voir dans l’autre la bête, s'entraîne à le traiter en bête, tend objectivement à se transformer lui-même en bête. »

Le collectif "Nous n'irons pas... regroupant des chercheurs, des responsables associatifs et culturels, des romanciers et des cinéastes. Nicolas Bancel, son porte-parole est historien et professeur à l’Université de Lausanne. Il a codirigé l'ouvrage Zoos humains. Aux temps des exhibitions humaines (La Découverte, 2004)

 

Peuples autochtones d’Afrique centrale : la longue marche vers la reconnaissance

Peuples autochtones d’Afrique centrale : la longue marche vers la reconnaissance - ART-AFRIC  GE.

Pygmées Baaka, Mbenzélé, Babongo, Batwa...Venus de toute l’Afrique centrale, des représentants des peuples autochtones se réunissaient à Impfondo, dans le département de la Likouala, au nord de la République du Congo, du 16 au 19 mars. Avec des délégués de leurs gouvernements, des élus, des responsables d’ONG, d’institutions internationales et d’entreprises, ils participaient au FIPAC 2 (Forum international sur les peuples autochtones d’Afrique centrale) qui, trois ans après la première édition organisée dans la même localité, avait pour thème : « Droits des peuples autochtones et dynamiques de la conservation de la biodiversité dans le bassin du Congo ».

 

 

                                                            Qui sont les pygmées ?
Disséminés dans toute l’Afrique centrale, les pygmées seraient plus de 300 000. Au Congo, par exemple, ils représenteraient 10% de la population, soit environ 40 000 personnes. Des évaluations à prendre avec des pincettes, car aucune statistique fiable n’existe sur leur nombre. Ils sont divisés en plusieurs groupes. Dans la région des grands lacs, au Rwanda, au Burundi, en Ouganda, en République Démocratique du Congo vivent majoritairement les Batwa et Bambuti. A l’ouest, au Congo, Gabon, Centrafrique et Guinée équatoriale, on trouve les Bagyeli, Bakola, Bakoya, Baaka, Aka, Babenjelle, Babongo et plusieurs autres tribus. Nomades, ils vivraient encore majoritairement dans la forêt, de la chasse, de la pêche, d’un peu d’agriculture et de travaux effectués au bénéfice des peuples sédentaires qu’ils côtoient – et souvent les exploitent, profitant de leur méconnaissance de la valeur numéraire du travail. Mais ils sont eux-mêmes de plus en plus nombreux à se sédentariser. Ils sont officiellement appelés « autochtones », depuis qu’une déclaration des Nations unies, en 2007, a recommandé ce terme à la place de « pygmée », jugé péjoratif. Ce dernier est issu du mot grec « pygmaios » signifiant haut d’une coudée. Il demeure le plus fréquemment employé pour les désigner. D’autres populations d’Afrique centrale, telles que les Peuls bororo, sont classées parmi les « autochtones ». Un terme qui a du mal à faire l’unanimité dans la sous-région où nombre de Bantous jugent, qu’à la différence des Européens arrivés en Amérique à la fin du XVIe siècle seulement, leur longue présence en Afrique centrale justifierait qu’ils soient aussi qualifiés d’« autochtones ».

 

Autrement l’Afrique

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Autant de manières originales de conserver le patrimoine culturel africain. Compilées à partir d’objets a priori ordinaires, ces collections du quotidien n’en apportent pas moins de riches enseignements. Les pagnes « à effigie », tissus imprimés en l’honneur d’un chef d’État ou d’un dirigeant de parti, montrent à quel point le politique peut envahir la rue. Créés à l’occasion de cérémonies particulières, ils sont ensuite portés pour aller au marché, au bureau ou à l’église. On affiche alors son engagement et l’on se transforme en un magnifique « espace publicitaire ». Ces étoffes confirment que le pouvoir ne se partage pas: les femmes qui ont un pagne à leur effigie font figure d’exception. Au goût du jour. Reflets d’un statut social ou matrimonial, symboles de richesse, les perles nous en disent long sur l’histoire du continent.

Inventés par les Égyptiens au Ve siècle avant J.-C., perfectionnées par les Italiens, les millefiori sont arrivées en Afrique de l’Ouest au XVIIIe siècle, troquées contre des esclaves. Depuis, elles ont dessiné une esthétique africaine chatoyante que l’on retrouve sur les pochettes des vinyles des années 1970. C’est l’époque de la star ivoirienne Soro Ngana et du père du jazz éthiopien, Mulatu Astatke, du highlife ghanéen et de l’afrobeat nigérian. Autant de styles qui reviennent au goût du jour. Ce qui ne manquera pas d’apporter un regain d’intérêt pour ces pépites des années 1970 dont les prix peuvent parfois atteindre quelques milliers d’euros.

Présence africaine : une tribune, un mouvement, un réseau

Présence africaine : une tribune, un mouvement, un réseau - ART-AFRIC  GE.

La Fondation Total est partenaire de l'exposition "Présence africaine : une tribune, un mouvement, un réseau" présentée du 11 mars au 26 juin 2011 à la Bibliothèque de l’Université Cheikh Anta Diop (Dakar), initialement présentée au Musée du quai Branly en 2009.  L’exposition a pour ambition de montrer le rôle majeur joué par « Présence Africaine » dans l'histoire politique et culturelle des intellectuels noirs francophones, anglophones et lusophones des années 1950-1960. Elle explore et analyse son rôle de catalyseur durant les vingt premières années de son existence. C’est au cours de cette période que « Présence Africaine » fonde une maison d’édition (1949), produit le film Les Statues meurent aussi, ou la question de l’Art nègre dans les années 1950 d’Alain Resnais et Chris Marker (1953), créée une association culturelle (1956), organise deux Congrès d’écrivains et d’artistes noirs (1956 et 1959) et participe activement à la mise en œuvre du « premier festival des arts nègres » de Dakar (1966). « Présence Africaine » permet de révéler à un large public le rôle méconnu des intellectuels africains, antillais, malgaches et noirs américains dans la vie intellectuelle française et mondiale. Elle est également l’occasion de rendre hommage à l’intellectuel sénégalais, Alioune Diop, son fondateur, homme de culture et de dialogue dont le centenaire de sa naissance a été célébré en 2010. Il crée un comité de rédaction essentiellement constitué d’intellectuels africains (Bernard Dadié, Mamadou Dia, Abdoulaye Sadji,…) et inclut, dans les premiers numéros, des personnalités intéressées par les mondes noirs : ethnologues, anthropologues (Marcel Griaule, Georges Balandier, Théodore Monod, Michel Leiris, Paul Rivet), écrivains, philosophes (Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Jean-Paul Sartre, André Gide, Albert Camus, Richard Wright) mais aussi galeristes et critiques d’art (Charles Ratton, William Fagg). La revue fait rayonner la culture panafricaine en publiant études africanistes sur la culture et la civilisation noire, textes africains et œuvres d’art ou de pensée concernant le monde noir.  Suivant la chronologie de publication de la revue, qui, depuis son premier numéro paru en 1947, compte près de 300 publications, l’exposition décrit aussi la genèse de ce mouvement de pensée émancipatrice à travers objets, documents d’archive et photographies : de l’influences des Noirs Américains aux militants pour l’égalité des doits contre le colonialisme et contre la ségrégation, en passant par « l’Art nègre », autant d’angles de compréhension d’une voix toujours aussi vive.

 

-Exposition Angola, «Figures de pouvoir» présentée au Musée Dapper à Paris du 10

-Exposition Angola, «Figures de pouvoir» présentée au Musée Dapper à Paris du 10 - ART-AFRIC  GE.

La Fondation Total est partenaire de l’exposition. La fondation consacre 5 millions d’euros à la culture. Une aide sérieuse apportée aux musées mais aussi un excellent moyen de nouer des partenariats économiques au Proche-Orient et en Afrique. Cette manifestation exceptionnelle présente environ cent quarante œuvres : masques de différentes factures, statuettes de chef à l'effigie du héros-chasseur Chibinda Ilunga, figures cultuelles et insignes de dignité, impressionnants objets magico-religieux et bas-reliefs polychromes. L’exposition présente des œuvres majeures où s’affirment des styles divers et originaux. Elles révèlent des liens profonds entre plusieurs peuples (les royaumes de Kongo, Ndongo, Kakongo, Loango et Ngoyo) qui ont contribué à édifier un patrimoine artistique exceptionnel. Sur le territoire actuel de l’Angola, des flux migratoires se sont croisés dès la préhistoire. L’implantation des Portugais et avec eux du christianisme à la fin du XVème siècle a provoqué des changements profonds dans les sociétés déjà structurées sur le territoire autour du fleuve Zaïre. Riche de la diversité de son peuplement, l'Angola a vu s'épanouir des aires culturelles au sein desquelles se sont développés des arts de cour prestigieux exaltant la puissance politique et spirituelle des chefs. Cette exposition offre un étonnant répertoire de formes où s'affirment des styles spécifiques et où se devinent des emprunts sinon des influences. Les masques sculptés ou réalisés dans des matières végétales de même que les figures cultuelles en bois, au-delà de leur appartenance et de leur rôle, suggèrent fréquemment des liens noués entre les peuples. Les données de l'histoire, du politique et du religieux investissent, de façon plus ou moins explicite, les modes de figuration ainsi que les systèmes symboliques. Les objets constituent donc les indices d'un univers où sont en jeu de multiples pouvoirs : pouvoirs politiques et pouvoirs spirituels. De plus, cette exposition consacrée à des objets traditionnels, accueillera dans son espace pour l'art contemporain un des plus grands artistes angolais d’aujourd’hui, António Ole.

 

 


 

 

Un film marocain obtient la plus haute distinction au Fespaco

Un film marocain obtient la plus haute distinction au Fespaco - ART-AFRIC  GE.

Le film "Pégase", du Marocain Mohamed Mouftakir, a remporté samedi soir l'Étalon d'or de Yennenga, plus haute récompense du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), le grand rendez-vous du cinéma africain. Le réalisateur a reçu le trophée des mains du président burkinabè Blaise Compaoré lors de la cérémonie de clôture du 22e Fespaco, qui se tenait dans le plus grand stade de la capitale en présence d'environ 20.000 personnes, a constaté un journaliste de l'AFP. "Le prix c'est une fierté, c'est une reconnaissance. C'est encourageant", a déclaré à la presse le cinéaste en remerciant le jury, présidé par l'universitaire gambien Cham M'Baye. Situé dans la campagne marocaine, "Pégase" est une histoire de viol et d'inceste, le drame de Rihanna, une jeune fille d'une vingtaine d'années manipulée par son père qui lui fait croire qu'elle est enceinte d'un démon. Dix-huit films étaient en compétition dans la catégorie long-métrage. Étalon d'argent a été décerné à "Un homme qui crie", du Tchadien Haroun Mahamat Saleh, qui avait reçu le Prix du jury à Cannes en 2010 pour ce film. La comédie sentimentale "Le mec idéal" de l'Ivoirien Owell Brown a décroché l'Etalon de bronze. Le Prix du jury est revenu à "Notre étrangère" de la Burkinabè Sarah Bouyain. Le prix d'interprétation masculine a été remis au Béninois Sylvestre Amoussou, également réalisateur d'"Un pas en avant, les dessous de la corruption", et le prix d'interprétation féminine à Samia Meziane dans "Voyage à Alger" de l'Algérien Abdelkrim Bahloul. Ce dernier a aussi raflé le prix du meilleur scénario pour "Voyage à Alger". "Les amours d'un zombie" d'Arnold Antonin (Haïti) a obtenu le prix de la diaspora africaine. Alors que certains critiques et cinéastes ont été déçus par le niveau de ce Fespaco, M. Compaoré a salué "une victoire pour l'Afrique" et "une production de qualité qui peut intégrer les marchés". "Il faut encourager les cinéastes, créer des partenariats et diversifier les productions", a-t-il dit. La cérémonie était chorégraphiée par la compagnie burkinabè Salia Ni Seydou, et la star de la chanson congolaise Fally Ipupa a "fait le show".

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